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Semaine 26 : Kraljevo (3230 km).

La Serbie continue de dérouler ses paysages et son environnement. C’est quand même différent du nord : le très agricole qui a jalonné mon chemin au départ a laissé place à plus de forêt, de villes et villages au milieu d’un rocailleux plus exigeant parfois. C’est comme si l’activité humaine s’était fixé dans les creux. Les quelques hauteurs notables montent jusqu’à 800 mètres d’altitude, laissant le reste entre 100 et 300. Et apparement il est plus courant de voir des ours dans cette partie du pays. Bon j’ai tenté hier mais aucune rencontre ne s’est proposée. C’est d’ailleurs une bonne chose au fond. Car comme le disait Sofia, une serbe rencontré à Горњи Милановац :


« il y a des blessés parfois, ces animaux-là restent « sauvages » et se montrent agressifs ! Quand il pleut, ils descendent dans les bourgs et les villages et font les poubelles. Il y a des gens qui courent car ils ont peur mais c’est une mauvaise idée. Les ours sont de très bons coureurs ! »


Ce que Sofia me disait autour d’un café sur la terrasse proche de l’église, est réel et j’en suis conscient. Mais malgré tout, j’aimerai pouvoir en voir. Pour me tester en quelque sorte… c’est comme une case à cocher pour que mon pèlerinage soit complet. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire ? À mon sens, ce serait un raté que de ne pas expérimenter cela. Je crois aussi que cela fait partie de cette préparation de fond pour mon prochain grand périple. C’est la même chose pour les zones de conflit qui m’attendent sur le reste de mon chemin : le Kosovo, la Jordanie et Israël. J’aurai tendance à y mettre la Turquie mais je suis moins sûr de moi, surtout qu’il n’est pas question d’aller à la zone frontalière avec la Syrie.

Tous ces éléments - aussi rudes et effrayants soient-ils - font donc partie d’une préparation qui ne dit pas son nom. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas le but premier de mon pèlerinage. Et pourtant, il y a des éléments constitutifs de mon périple qui en font partie :

  • Marcher le plus souvent 8 heures par jour.

  • Être parti en janvier pour taper un hiver que je voulais rude mais qui fut plutôt doux.

  • Franchir les Alpes en raquettes, dans une neige exigeante avec le sac sur le dos.

  • Traverser les Balkans pendant l’été pour faire de grandes étapes sous un soleil écrasant. Cela appelle à une gestion de l’eau inconditionnelle. Les besoins hydriques permettants au corps de bien fonctionner malgré l’eau qui s’évapore goulûment dans la trachée sèche.

  • Traverser des zones de conflit et négocier les passages tendus par le ressentiment des hommes.

  • Marcher les 6500 km de ce pèlerinage pour savoir si je suis déjà capable d’encaisser ça - et de palier aux problèmes de pieds rencontrés sur Compostelle -… me rendre compte de ma gestion de ces jours de marche pour viser plus haut après.


D’ailleurs Compostelle avait été une préparation aussi à Jérusalem. Mais encore une fois, elle ne disait pas son nom. Je n’y partais pas pour me préparer à. Mais cela a participé à me préparer pour la suite.

Comme un escalier où chaque pallier comprend des marches qui sont des voyants à passer au vert pour envisager la suite. « Si je suis capable de marcher 1800 kilomètres, pourquoi pas 6500 ? », « si partir 1 an sur la route est jouable pour moi et que cela ne me pèse pas, que je déguste ce met avec gourmandise - malgré les difficultés induites bien entendu -, je peux envisager plus long !? » et puis, « si je peux marcher 6500 kilomètres, je peux sûrement passer sur du plus ambitieux… »


Car en effet, le prochain périple sera plus long, plus exigeant, plus ambitieux, plus fou encore… pour le coup, je vais taper beaucoup, beaucoup plus haut. 24 000 kilomètres, 14 fois l’Everest en terme de dénivelé, température saharienne et sibérienne, des pays en guerre, des animaux sauvages - comme des fauves ou les moustiques tigre - … bref. Ce sera pour plus tard alors remettons les choses dans l’ordre et revenons sur le périple actuel. Ou que s’est il passé pendant cette semaine en Serbie. De Belgrade à Горњи Милановац donc.


C’est étonnant : sans forcer j’ai, en 7 jours, marcher 230 kilomètres. Et beaucoup de choses avec… des rencontres, des discussions, des chiens errants, une facilité de communication grâce à mes apprentissages ainsi qu’à Google traduction.


Ma compréhension de la situation entre la Serbie et le Kosovo s’éclaire un peu plus et je vous l’expliquerai lorsque je l’aurai mieux comprise. Mais en l’état, voici ce que j’en ai retenu :

Le cœur palpitant - et historique - de la Serbie se situe au Kosovo. Après une occupation ottomane qui a opéré un genre de remplacement des populations au fil des siècles, les serbes ont toujours espéré un ensemble unifié. Cela explique d’ailleurs pourquoi la majorité des monastères serbes se situent dans le sud et au Kosovo.

Et puis il y a eu la yougoslavie et son éclatement. Dès lors il a fallu voir comment redécouper le tout avec la question de savoir si les différentes anciennes parties pouvaient être indépendantes. Mission qui a a été confié à Badinter. Après avoir lu toutes les constitutions, il en est arrivé avec sa commission à faire deux constats : les pays et les régions autonomes. En Serbie il y en avait deux : celle du nord - avec Novi Sad - et celle du sud - le Kosovo.

Et puis les albanais ont poussés pour que le Kosovo soit un pays à part entière, notamment en raison de la différence de religion. Alors l’OTAN a imposé - avec bombardements à l’appui - à la Serbie de se départir du Kosovo.

C’est pour ça que dans leur idée de l’unité slave, le Kosovo ne peut être qu’une partie de la Serbie et non pas un pays à part entière. D’ailleurs l’occident reconnaît le Kosovo, les pays slaves non.

C’est un peu ce que j’ai compris pour le moment. Mais le temps me permettra d’affiner ma compréhension des choses.


PS : ha oui ! Une dernière chose. Le long périple dont je parle est « le chemin le plus long du monde » : partant de l’Afrique du Sud au Cap, il file jusqu’à Magalane à l’extrême nord est de la Russie.

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