top of page

đŸ‡čđŸ‡·Semaine 46 : Konya (5335 km).

Me revoilà assez « vite ».


Pour aujourd’hui, une rĂ©flexion. Pas de points sur la route. Pas dans le sens des derniĂšres aventures en tout cas. J’y reviendrai plus tard !



D’abord, posons les bases.


Je veux ici explorer le rapport des individus au temps dont ils disposent.


Toute la question est de savoir ce qu’on en fait, de comment on l’utilise pour s’user de son mieux. Comme la corde dont les brins finissent par s’effilocher par la tension de nos existences.


Les individus s’inscrivent dans une projection personnelle, dans la sociĂ©tĂ©, de ce qu’ils y prennent.


MĂȘme si certains picorent, d’autres voient plus loin. Je pense que cela a un rapport avec ce qu’on imagine du temps que l’on a. A trop penser « qu’on a le temps », on finit par le gaspiller. Tout dĂ©pend si on rĂ©flĂ©chit Ă  l’instant prĂ©sent ou Ă  l’éternitĂ© qui nous attend.


DĂšs lors, 3 types d’individus Ă©mergent. Chacun Ă©tant le fruit de ce qu’il veut insuffler et de la vie qu’il veut mener. Le temps a donc aujourd’hui une valeur volatile
 chacun voyant son propre midi sur le pas de son Ăąme (premiĂšre partie).


La sociĂ©tĂ© ayant changĂ©e ses modĂšles de rĂ©fĂ©rence, elle n’a fait que produire des enfants attendant leur becquĂ©e. Pire, le dĂ©litement du tissus social, a su produire un individualisme favorisant pour chacun sa propre communautĂ© et ses revendications Ă©goĂŻstes
 c’est la nouvelle maniĂšre d’exister, et d’user de son temps de vie (deuxiĂšme partie).


Alors comment revenir au rĂ©el, au concret dans tout ce fatras ? Je ne sais pas pour vous, mais cela m’inquiĂšte beaucoup. Parce que tout le brouillon d’aujourd’hui, produira les ratures de demain. Ainsi la route redonne la valeur au temps. C’est un moyen prĂ©cieux qui ne tient qu’à nous. C’est la voie pour revenir au pays rĂ©el, pour retrouver les gens et vivre vraiment. Loin des mirages modernes qui ne sont que des gouffres (troisiĂšme partie).


Et puis je confluerai. Avec le pourquoi et le quand du moyen de la marche. En vrai cela devrait ĂȘtre une rĂ©pĂ©tition trinitaire dans chacune de nos vies.


J’espĂšre en tout ne pas ĂȘtre trop brouillon dans le dĂ©roulĂ© de mes rĂ©flexions. J’espĂšre que le fil que je tente de tendre, agira comme celui d’Ariane et non comme un pointillĂ© difficile Ă  garder en tĂȘte.


Vous remarquerez sĂ»rement qu’il y a bien des fils Ă  tirer de la pelote que je vous dĂ©roule ici. Peut-ĂȘtre mĂȘme des fils que je tort parce que je ne les tire pas de la bonne maniĂšre
 voyez donc cela comme une rĂ©flexion Ă  caboche ouverte. Le bouillon de mon jus de gamberge est encore en Ă©bullition, j’essaie donc de vous en transmettre les esters que je capte parmi ces effluves volatiles.



Bon
 il est temps d’y aller.

Alors commençons.



Le temps joue sa propre partition. Mais qu’en est-il de nous autres mortels ?


5 semaines sont dĂ©jĂ  passĂ©es depuis le dernier article et cela me semble une Ă©ternitĂ©. Pourtant je me vois l’écrire, le penser et le publier.


Comme quoi, le temps joue sa partition Ă  sa maniĂšre. Sans s’emmerder avec nos considĂ©rations humaines. Lui a le temps. Nous, notre finitude. Il ne s’inscrit pas quelque part car l’éternitĂ© ne s’encombre pas de cet inutile. Nous, si. C’est avec ces cases lĂ , que nous quantifions la valeur de notre vie. Le temps - qui nous file entre les doigts, comme dans le verre du sablier - est-ce que nous avons de plus prĂ©cieux. C’est ce que nous Ă©changeons contre de l’argent dans le cadre de notre travail. C’est ce qui a le plus de valeur auprĂšs des autres : donner de son temps est sans commune mesure. Pourtant on l’oublie assez vite.



I. Il y a 3 types existants, 3 formes d’exigence aujourd’hui.


La sociĂ©tĂ© d’ailleurs, ne cherche pas Ă  nous en faire prendre conscience. Elle nous propose de l’occuper, de le dĂ©penser, de le rationaliser
 un peu comme si nous Ă©tions les vaches de notre propre train. Entre autre en tout cas.


Il y a donc 3 formes d’exigence dans notre sociĂ©tĂ©. À chacun d’agir en fonction de ce qu’il vise pour sa propre finalitĂ©. Et puis au delĂ  de ça, certaines personnes comme moi peuvent varier et avoir un pied dans chacune de ses catĂ©gories. Parce que combattre cela est une question de discipline et Dieu sait que la volontĂ© vacille parfois. Personnellement, c’est un combat spirituel de chaque instant.


D’abord, les vaches et leur train.


Ça regarde en mñchouillant.

C’est le troupeau
 qui attend sĂ»rement quelque chose



LĂ  on l’on verse le plus facilement. Ça chille, il y a Netflix, les rĂ©seaux sociaux, ça consomme et puis ça attend. Ce qui dĂ©passe ces gens-lĂ , n’existe que le temps du passage. La vie est simple, manichĂ©enne. C’est sĂ»rement facile Ă  vivre mais rien de trĂšs exaltant. C’est mĂȘme un tombeau encroĂ»tant et terriblement mortifĂšre pour notre Ăąme et notre vocation d’enfant de Dieu.


Ensuite, les chiens et leur caravanes.


Comme dans l’adage, ça aboie mais il y a une passivitĂ©. C’est plus sournois que les premiers. Car c’est une question d’apparence. Qu’elle soit en vĂ©ritĂ© ou en paravent. Cela regarde l’ñme de chacun.

Moi je me dis quand mĂȘme que cela tĂ©moigne d’une envie profonde de changement.

Peut-ĂȘtre que le bon moyen de se rendre compte du fond, c’est le temps. Normalement, on finit par en sortir. Ou on fait des allers-retours. Mais il peut aussi y avoir une question pharisianique. Il est souvent plus facile de camper que d’incarner.


Je crois profondĂ©ment que ceux qui y sont bloquĂ© sont des hommes et des femmes de bonne volontĂ© Ă  la base - comme chacun de nous, Dieu nous ayant fait ainsi - mais qui ont trop Ă©coutĂ© la fadaise qui dit que la Jeunesse est faite pour expĂ©rimenter Ă  tout va, « qu’on a qu’une vie »  vous voyez l’idĂ©e j’imagine.


Enfin, il y a ceux qui se risquent.


Ceux qui ont compris que le temps n’est pas extensible, pas achetable, filant comme le sable. Que chaque minute est comptĂ©e comme les cheveux, les grains de la plage et les Ă©toiles du ciel.

Que les annĂ©es ne sont que des marches qui permettent de progresser toujours. De faire mieux aujourd’hui qu’hier. Qu’il faut agir, se dĂ©penser pour s’élever. Ils ont en tĂȘte bien des adages mais celui-ci pourrait rĂ©sumer les autres



« À vaincre sans pĂ©ril, on triomphe sans gloire ! ». On pourrait aussi bien parler de combattre avec l’honneur dont on ne parle plus aujourd’hui
 la chevalerie n’est jamais finie comme dirait l’autre.


Mais ceux-là ne sont pas légions. Ils sont les hussards restants de la derniÚre harde. De celle qui veut maintenir un panache de vie.

Quitte Ă  souffrir, Ă  aller dans le difficile, d’aller puiser un oxygĂšne qui ne respire plus au milieu de nos villes oĂč la verticalitĂ© Ă©touffe le ciel et ses promesses.


Ce sont aussi les plus silencieux. Ils ne commentent pas comme les vaches, ils ne critiquent pas comme les chiens. Ils avancent Ă  leur mesure. Se mettant dans le creux de Dieu. Ils observent et parlent pour dire ce qu’il faut. Ils ont des conseils pour ceux qui demandent mais n’en sont pas Ă  Ă©taler leur confiture de vie sur le dos des autres.


Ceux-lĂ  veulent vivre. Avec ce que ça implique. Ce que ça coĂ»te parfois. Mais ce n’est pas le modĂšle le plus rĂ©pandu dans notre monde. Ils vont Ă  rebours de la marche de sociĂ©tĂ©. Par IdĂ©al. Par ces Ă©toiles qui scintillent dans leurs tripes.

Non par obscurantisme mais bien par sagesse. Si ce n’est la leur, ils ont l’intelligence de lire, de prier pour avoir des rĂ©ponses. Il y a de l’humilitĂ© ici. MĂȘme si c’est une valeur qui tombe en dĂ©suĂ©tude. Faire silence permet souvent d’avancer, mais le brouhaha du monde rend difficile cette maniĂšre de vivre, cet appĂ©tit au calme que l’on trouve dehors au sommet des montagnes et au fond des talwegs des chemins noirs.


Mais le silence et le recul sont trop dĂ©testĂ© par le Malin
 et il aura tout fait pour dĂ©tourner l’Homme de ces choses irritantes pour lui. Satan a d’ailleurs bien bossĂ© : il a su insuffler Ă  l’Homme d’étendre son corps avec ce nouvel organe Ă  Ă©cran tactile. Il s’y connaĂźt, et sait bien que la dopamine immĂ©diate est le point d’entrĂ©e dans la faille de l’Homme.


Cette vision de la vie, des choses et de comment on emploie l’énergie de notre temps, n’inclue aucunement l’immĂ©diatetĂ© des choses et de leurs acquis. Non ceux-lĂ  ont conscience que les choses prennent du temps
 particuliĂšrement quand il s’agit des combats spirituels et de la discipline a laquelle on soumet sa vie. Y arriver est si beau, se relever Ă©galement, mettre sa confiance en Dieu encore plus !


MalgrĂ© tout, la sociĂ©tĂ© ayant changĂ©e, ces derniers ne sont plus que les anciens habitant de ces pays perdus. LĂ  oĂč l’éternitĂ© Ă©tait un objectif structurant pour articuler les actions d’une vie.



II. La société a donc changé de fil pour la trame de fond de son tissus social.


Le nouveau tissus qui la compose n’a pas la mĂȘme trame qu’avant. Les brins sont diffĂ©rents. D’une nouvelle race. D’un nouveau genre.


Il y aurait sĂ»rement 1000 raisons qui viendraient expliquer leur petit pourcentage, 1000 personnes qui y ont dĂ©jĂ  pensĂ©. Je crois cependant que le plus important est de d’ĂȘtre capable de poser le constat. De l’intellectualiser. Penser d’abord pour ensuite agir.


Le seul problùme ici : c’est jouer au poùte.

De trop rĂ©flĂ©chir aux causes, sans mettre l’action en branle. Ou de trop tarder, d’avoir une forme de passivitĂ© en somme. C’est tout le piĂšge Ă  con des nouvels ans. De ces rĂ©solutions qui ne sont que le fruit des mirages annuels. Beaucoup d’aptĂšres y voient Ă  chaque fois un horizon rassurant.


Parce que ce que la sociĂ©tĂ© a perdue c’est la transcendance. D’ĂȘtre capable de proposer quelque chose de subjuguant. Il n’est pas question d’un projet, ni de le gueuler Ă  s’en tordre les cordes vocales comme l’autre Ă©nergumĂšne qui nous sert de prĂ©sident. Non, il n’est pas question ici de projet mais de plan et d’objectifs concrets.


Cependant rien de facilitant aujourd’hui
 mais encore faut-il le comprendre. Et ainsi passer ces obstacles sournois, pour agir en fonction.


La société fait tout pour infantiliser les gens
 et les individualiser.


C’est une question d’environnement, des bords du bocal.


Par les modes de consommation d’abord.


Par la possibilitĂ© de l’immĂ©diatetĂ©, de commander Ă  manger Ă  n’importe quelle heure - de la merde soit dite en passant : tant sur le prix que sur la qualitĂ© - livrĂ©e par les nouveaux esclaves du systĂšme. Ils pĂ©dalent pour notre bon plaisir, pour avoir l’impression de pouvoir tout manger, n’importe oĂč, n’importe quand.


Par la maniùre d’occuper notre temps libre ensuite.


Par la place des réseaux sociaux et les heures interminables de « scrollage ».

Par la fainĂ©antise, la paresse, les efforts qui ne semblent plus nĂ©cessaires. Parce que tout est facilitĂ©. Il y a toujours un moyen d’éviter de faire. Il y a mĂȘme des gens aux USA qui payent d’autres pour faire la queue Ă  leur place. Histoire de perdre leur temps autre part
 parce que disons le : si tu es capable de payer pour ça, ce n’est pas dit que ce gain de temps soit mieux utiliser.


La culture demande l’effort du temps aussi.


D’ailleurs, on ne lit plus - et moi le premier, mĂȘme si j’y travaille fortement -, le plaisir de la discussion Ă  disparue et celui de refaire le monde n’a plus le vent en poupe. Les gens ne rĂ©flĂ©chissent plus car ils sont saturĂ©s. On les abreuve. On leur donne la becquĂ©e. Les gens ne sont plus que dans le dĂ©bat et plus la discussion.


On pourrait parler de l’impact politique Ă©galement.


Par notre systĂšme politique, le citoyen n’a une voix utile que lorsqu’il faut mettre le bulletin dans l’urne. Pour le reste, Bruxelles se torche allĂšgrement. De toute façon, la France n’est plus souveraine
 et quand les français disent « non ! » comme en 2005
 on leur dit « bah si quand mĂȘme ». D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps le mĂȘme cirque a rejouĂ© sa marche funĂšbre.


Tout le nouveau systĂšme, qui a grossit depuis tant d’annĂ©es, exige que nous soyons comme ci et comme ça. Il exige mais ne respecte pas ce qu’est l’Homme est fond.


Lisse.

Politiquement correct.

Sans trop de caractĂšre.

Consumériste.

Mou comme un bon mouton.

D’arrondir le dos encore et toujours.

D’accepter en fermant sa gueule.

Et mĂȘme aujourd’hui, de se dĂ©construire. De dĂ©boulonner notre histoire.

De faire place au communautarisme de chacun car le sens commun n’est plus. C’est l’individualitĂ© qui prime.


Sinon on nous tape sur les doigts. Comme par exemple avec la Cour EuropĂ©enne des Droits de l’Homme. Combien de fois cette institution a dĂ©passĂ© la souverainetĂ© de notre pauvre France ?

Je crois que c’est juste la crĂ©ature qui a dĂ©passĂ© le monstre des LumiĂšres
 j’imagine combien un Voltaire doit - depuis son enfer - rigoler Ă  verge dĂ©ployĂ©e.


Chacun sa communauté en somme, les 3 niveaux de population ne comptent plus.


C’est je crois la consĂ©quence de ce dĂ©litement. Chacun a ses petites prĂ©occupations, mais plus grand chose pour le bien commun. Pour la sociĂ©tĂ© dans son ensemble. Une Nation qui se respecte compte sur 3 niveaux de population : les prĂ©cĂ©dents, les actuels et les suivants.


Et c’est un cycle Ă©ternel. Qui ne peut perdurer que si chacun en est conscient.

Nous hĂ©ritons de ce que les anciens, nos morts nous transmettent. De ce pour quoi ils se sont battus. MĂȘme ce pour quoi, ils ont sacrifiĂ©s leur vie.

À nous de respecter cela et de le transmettre Ă  notre tour. À nous de montrer, d’éduquer nos enfants et les suivants, pour qu’ils se rendent compte. À qu’à leur tour, ils agissent comme nous avons agis.


Mais ce n’est pas le sens de la marche actuelle.

Certains ne veulent pas dĂ©poser les armes. Et c’est heureux.

Certains veulent conserver.

Et c’est tant mieux.

Sauf que ce que nous avons hĂ©ritĂ©s n’est pas fait pour les vitrines poussiĂ©reuses. Il y a lĂ -dedans quelque chose d’enivrant, de transcendant. Un quelque chose qui Ă©lĂšve l’ñme.


Le « moi-je, moi-je » devient la rÚgle.


La tempĂȘte qui veut Ă©branler cela c’est justement l’individualisme galopant. Son sous-texte est terrifiant : le « moi-je, moi-je » qui n’a que le « droit de » coulant de la commissure de ses lĂšvres froides.

L’individu peut aujourd’hui fonctionner seul, il n’y a plus vraiment besoin des autres. Alors pourquoi le bloc sociĂ©tal devrait compter ? Plus de devoir donc
 on ne doit plus rien. Trop de droit en consĂ©quence. Comme un dĂ». Mais les premiers ne donnent-ils pas la saveur aux suivants ? Ou mĂȘme toute leur valeur ?


À trop penser en fonction de soi, on en vient à se poser des questions qui remettent en cause ce qui relùve de la logique naturelle et du bon sens.


En Ă©crivant cela, je pense aux dĂ©rives wokistes, Ă  ces envies de jouer Ă  Dieu pour se dĂ©finir comme on en a envie. À ĂȘtre trop confort, on explore des Ă©vidences qui n’existent pas dans les endroits oĂč il n’y a pas le temps pour cela. En Afrique par exemple, on ne se pose pas la question de savoir de quel genre on se sent aujourd’hui. Non, arriver Ă  se poser ces questions, ce ne sont que les signes d’un systĂšme qui dorlote trop prĂšs du mur et de ses limites. On dit souvent que les temps faciles crĂ©ent des hommes faibles
 le wokistan est une synthĂšse Ă  lui tout seul de cette aberration intellectuelle.


RĂ©flĂ©chir et philosopher sont des choses importantes, je ne dis pas. C’est ce qui structure la pensĂ©e. Mais il y a un moment oĂč la masturbation intellectuelle arrive. Et il faut savoir rester dans le rĂ©el.



III. Tout est histoire de 



« (
) Ce monde vĂ©tuste et sans joie,

Tremblera demain devant notre foi. (
). »

Chant des Lansquenets.


Tout est histoire de concret, du pays rĂ©el et de s’inscrire dans la sagesse de nos anciens. En somme de s’ernraciner quelque part : pour savoir oĂč l’on va, il y a besoin de savoir d’oĂč l’on part.


S’affranchir de tout. Faire table rase parce qu’on se pense capable de refondre le monde est la maladie de l’homme qui se prend pour Dieu. Comme la grenouille et le bƓuf de la fable. Tout finit par Ă©clater : la vĂ©ritĂ© indĂ©racinable, tout comme la religion de la raison. D’ailleurs, cela s’observe en France : la branche sciĂ©e depuis 1789, commence Ă  montrer des signes de faiblesses certaines. La rĂ©publique a voulu une sociĂ©tĂ© sans Dieu, changeant la chaĂźne de sa tronçonneuse en 1905
 d’autres, viennent demander des comptes, voulant prendre une place qui reste de fait vacante. Et la logique qui articule cela s’étend parfaitement. La rĂ©publique ne propose rien de transcendant. Et l’Homme en a intrinsĂšquement besoin.


Je crois vraiment que la laĂŻcitĂ© n’est que la transition d’un chĂąteau l’autre. Ce systĂšme est bancal. Si la France ne rĂ©veille pas ses racines - et sa conscience - alors cela arrivera. La Nature ayant horreur du vide, la balance penchera.


InĂ©luctablement, la sociĂ©tĂ© d’agrĂšge autour d’une religion
 pour ma part, je prie chaque jour que la fille aĂźnĂ©e de l’Eglise ne troque pas le royaume de Dieu sur terre pour celui du drapeau annoncĂ© dans la chanson d’In Memoriam.


La Route, un bon moyen de revenir au monde.


De se rendre compte. De revenir au centre de sa conscience.


Le temps et son utilisation.

Les enjeux directement liés à la marche.

L’obligation de faire appel aux autres.

Les rĂ©flexions qui s’ancrent dans le concret, dans les rencontres, dans la fatigue, le dĂ©sespoir parfois, dans la Nature
 dans ce que Dieu a Ă  offrir.


La Route permet - dans ses joies et ses Ă©preuves - de revenir au temps vrai et aux bases du monde. Les fioritures n’y ont pas leur place. Le temps reprend la sienne et toute la suave valeur qui en dĂ©coule avec.


Elle tient dans ces cas-là du rayon de miel
 j’espùre que l’image percutera les aspirations profondes des lecteurs qui baladeront leurs yeux par ici.


Le temps donc. Son rapport Ă  celui-ci. Et les leçons qu’on en tire. La Route donne accĂšs Ă  cette treille pleine de sagesse inaltĂ©rable.


« (
) C’est comme si le temps changeait sur la route. Au final, il y coule diffĂ©remment, plus doucement. Tout se gĂšre Ă  la minute, Ă  l’heure, au jour. Des choses arrivent et repartent aussi vite qu’elles sont arrivĂ©es
 je pense par exemple aux douleurs que l’on peut ressentir lorsque l’on dĂ©roule sa foulĂ©e. Au bivouac du soir aussi, surtout quand il fait un froid Ă  dĂ©plumer les canards.

On est dedans, complĂštement. Les pas de fourmis qui diffĂ©rencient le marcheur - et le pĂšlerin par extension - Ă©tirent le temps des autres. Celui de la vitesse des moteurs, des obligations professionnelles, de nos vies qui aujourd’hui comptent le temps qu’il leur reste. On en vient Ă  se poser la question philosophique de savoir « si prendre son temps, est-ce que c’est le perdre ?! »


Hors du tourbillon des sociĂ©tĂ©s donc, tout est plus lent. Il n’y a rien d’immĂ©diat, rien d’acquis, rien auquel on a droit. Il faut agir, faire, remplir ses devoirs pour espĂ©rer y avoir accĂšs. Un peu comme un abandon de ces privilĂšges qui nous paraissent de nos jours tellement acquis, qu’on se voit mal faire sans. (
) »


En somme : se dĂ©centrer de ses envies permet Ă  Dieu de revenir au centre. Et ce, par l’abandon qu’on lui offre. C’est par Lui et sa paume providentielle que l’on se reconnecte aux autres. Que l’on peut de nouveau relier les oreilles au cƓur pour s’inscrire dans un ensemble qui nous dĂ©passe. OĂč la CharitĂ© Fraternelle prend tout son sens.


Aujourd’hui on encourage les gens Ă  ĂȘtre sympa. Mais ce n’est pas la meilleur maniĂšre d’aider les autres a s’élever. Car ĂȘtre « sympa », ĂȘtre gentil n’est pas toujours synonyme de recherche de vĂ©ritĂ©. Non c’est plus un truc de tapis et de poussiĂšre que l’on pousse en-dessous.


Ce n’est pas pour rien que la coquille de Saint Jacques est un symbole de pùlerinage.

Ses rainures reprĂ©sentaient dans l’ancien temps le symbole de l’initiation. Comme l’escargot d’ailleurs.



Je crois que la route permet de revenir Ă  la substantifique moelle de l’important. De l’essentiel, c’est cela qui rend intrinsĂšquement heureux. Parce qu’on y touche un dĂ©but d’éternitĂ©. Notre rapport Ă  Dieu y est dĂ©cuplĂ©. Le silence de la route permet d’entendre ses murmures tout contre l’aorte 
 et c’est d’autant plus prĂ©cieux aujourd’hui.


La Route est l’école qui enseigne que Dieu nous aime et qu’Il prend soin de nous autre. MĂȘme si nous avons tendance Ă  compter les points
 et Ă  ne voir que les traces dans le sable. Celles qui nous arrangent bien au fond du fond.



Conclusion : prendre le temps pour ĂȘtre en vĂ©ritĂ©.


Si je devais prĂ©coniser un remĂšde aux existences qui se cherchent et qui tournent en rond dans leur malheur, ce serait d’aller marcher 3 semaines. Seul.


Pour les autres aussi d’ailleurs : je crois que c’est quelque chose que l’on devrait faire 3 fois dans sa vie.


À l’aube de devenir adulte et de rentrer dans la vie active. Comme un rite d’initiation.

À ses 40 ans. Pour prendre le temps d’un bilan dans le silence du temps.

Au moment de la retraite. Pour envisager la suite loin des pressions pour trouver comment occuper le nouveau temps qui s’offre à ceux-là.


Je crois au fond que Dieu a créé le monde pour cela. Pour aller lui consacrer du temps. Il a su créer quelque chose qui permet de se reconnecter à Lui plus facilement. Pour voir Son empreinte.

Et milieu de tout ça, dans la Nature qu’il a su nous offrir, il a donnĂ© l’intelligence Ă  l’Homme pour construire des Ă©glises, des cathĂ©drales. Ainsi que des villages, des quartiers, des ponts
 les premiers sont un moyen direct pour ĂȘtre en sa prĂ©sence, tandis que les seconds sont une connexion indirecte Ă  travers la CharitĂ© des cƓurs.


En tout cas, Dieu nous a donnĂ© du temps. Un temps limitĂ© c’est vrai. Mais Il nous indique que l’on peut l’utiliser pour vivre vrai.


À nous de bien en prendre conscience comme dans le « Memento Mori ».



Que nous sommes en train de mourir, alors qu’est-ce que nous faisons de ce temps-lĂ  ? C’est la grande question
 Ă  nous de chercher les rĂ©ponses de Dieu et le souffle de l’Esprit Saint pour savoir oĂč axer ses choix. Car il est une chose dont nous disposons en libertĂ© : c’est notre libre arbitre. Mais nous aurons des comptes Ă  rendre Ă  la fin
 l’existence - n’en dĂ©plaise Ă  ceux qui la gaspillent - sera toujours infiniment plus courte que l’éternitĂ©.


À nous de voir - chacun en conscience - comment on veut cramer ce capital de dĂ©part.



 
 
 

1 commentaire


demeterdeneustrie
02 févr. 2025

Belle réflexion.

Modifié
J'aime
bottom of page