đčđ·Semaine 46 : Konya (5335 km).
- jeansonalexis
- 30 nov. 2024
- 14 min de lecture
Me revoilà assez « vite ».
Pour aujourdâhui, une rĂ©flexion. Pas de points sur la route. Pas dans le sens des derniĂšres aventures en tout cas. Jây reviendrai plus tard !

Dâabord, posons les bases.
Je veux ici explorer le rapport des individus au temps dont ils disposent.
Toute la question est de savoir ce quâon en fait, de comment on lâutilise pour sâuser de son mieux. Comme la corde dont les brins finissent par sâeffilocher par la tension de nos existences.
Les individus sâinscrivent dans une projection personnelle, dans la sociĂ©tĂ©, de ce quâils y prennent.
MĂȘme si certains picorent, dâautres voient plus loin. Je pense que cela a un rapport avec ce quâon imagine du temps que lâon a. A trop penser « quâon a le temps », on finit par le gaspiller. Tout dĂ©pend si on rĂ©flĂ©chit Ă lâinstant prĂ©sent ou Ă lâĂ©ternitĂ© qui nous attend.
DĂšs lors, 3 types dâindividus Ă©mergent. Chacun Ă©tant le fruit de ce quâil veut insuffler et de la vie quâil veut mener. Le temps a donc aujourdâhui une valeur volatile⊠chacun voyant son propre midi sur le pas de son Ăąme (premiĂšre partie).
La sociĂ©tĂ© ayant changĂ©e ses modĂšles de rĂ©fĂ©rence, elle nâa fait que produire des enfants attendant leur becquĂ©e. Pire, le dĂ©litement du tissus social, a su produire un individualisme favorisant pour chacun sa propre communautĂ© et ses revendications Ă©goĂŻstes⊠câest la nouvelle maniĂšre dâexister, et dâuser de son temps de vie (deuxiĂšme partie).
Alors comment revenir au rĂ©el, au concret dans tout ce fatras ? Je ne sais pas pour vous, mais cela mâinquiĂšte beaucoup. Parce que tout le brouillon dâaujourdâhui, produira les ratures de demain. Ainsi la route redonne la valeur au temps. Câest un moyen prĂ©cieux qui ne tient quâĂ nous. Câest la voie pour revenir au pays rĂ©el, pour retrouver les gens et vivre vraiment. Loin des mirages modernes qui ne sont que des gouffres (troisiĂšme partie).
Et puis je confluerai. Avec le pourquoi et le quand du moyen de la marche. En vrai cela devrait ĂȘtre une rĂ©pĂ©tition trinitaire dans chacune de nos vies.
JâespĂšre en tout ne pas ĂȘtre trop brouillon dans le dĂ©roulĂ© de mes rĂ©flexions. JâespĂšre que le fil que je tente de tendre, agira comme celui dâAriane et non comme un pointillĂ© difficile Ă garder en tĂȘte.
Vous remarquerez sĂ»rement quâil y a bien des fils Ă tirer de la pelote que je vous dĂ©roule ici. Peut-ĂȘtre mĂȘme des fils que je tort parce que je ne les tire pas de la bonne maniĂšre⊠voyez donc cela comme une rĂ©flexion Ă caboche ouverte. Le bouillon de mon jus de gamberge est encore en Ă©bullition, jâessaie donc de vous en transmettre les esters que je capte parmi ces effluves volatiles.

Bon⊠il est temps dây aller.
Alors commençons.
Le temps joue sa propre partition. Mais quâen est-il de nous autres mortels ?
5 semaines sont dĂ©jĂ passĂ©es depuis le dernier article et cela me semble une Ă©ternitĂ©. Pourtant je me vois lâĂ©crire, le penser et le publier.
Comme quoi, le temps joue sa partition Ă sa maniĂšre. Sans sâemmerder avec nos considĂ©rations humaines. Lui a le temps. Nous, notre finitude. Il ne sâinscrit pas quelque part car lâĂ©ternitĂ© ne sâencombre pas de cet inutile. Nous, si. Câest avec ces cases lĂ , que nous quantifions la valeur de notre vie. Le temps - qui nous file entre les doigts, comme dans le verre du sablier - est-ce que nous avons de plus prĂ©cieux. Câest ce que nous Ă©changeons contre de lâargent dans le cadre de notre travail. Câest ce qui a le plus de valeur auprĂšs des autres : donner de son temps est sans commune mesure. Pourtant on lâoublie assez vite.
I. Il y a 3 types existants, 3 formes dâexigence aujourdâhui.
La sociĂ©tĂ© dâailleurs, ne cherche pas Ă nous en faire prendre conscience. Elle nous propose de lâoccuper, de le dĂ©penser, de le rationaliser⊠un peu comme si nous Ă©tions les vaches de notre propre train. Entre autre en tout cas.
Il y a donc 3 formes dâexigence dans notre sociĂ©tĂ©. Ă chacun dâagir en fonction de ce quâil vise pour sa propre finalitĂ©. Et puis au delĂ de ça, certaines personnes comme moi peuvent varier et avoir un pied dans chacune de ses catĂ©gories. Parce que combattre cela est une question de discipline et Dieu sait que la volontĂ© vacille parfois. Personnellement, câest un combat spirituel de chaque instant.
Dâabord, les vaches et leur train.
Ăa regarde en mĂąchouillant.
Câest le troupeau⊠qui attend sĂ»rement quelque choseâŠ
LĂ on lâon verse le plus facilement. Ăa chille, il y a Netflix, les rĂ©seaux sociaux, ça consomme et puis ça attend. Ce qui dĂ©passe ces gens-lĂ , nâexiste que le temps du passage. La vie est simple, manichĂ©enne. Câest sĂ»rement facile Ă vivre mais rien de trĂšs exaltant. Câest mĂȘme un tombeau encroĂ»tant et terriblement mortifĂšre pour notre Ăąme et notre vocation dâenfant de Dieu.
Ensuite, les chiens et leur caravanes.
Comme dans lâadage, ça aboie mais il y a une passivitĂ©. Câest plus sournois que les premiers. Car câest une question dâapparence. Quâelle soit en vĂ©ritĂ© ou en paravent. Cela regarde lâĂąme de chacun.
Moi je me dis quand mĂȘme que cela tĂ©moigne dâune envie profonde de changement.
Peut-ĂȘtre que le bon moyen de se rendre compte du fond, câest le temps. Normalement, on finit par en sortir. Ou on fait des allers-retours. Mais il peut aussi y avoir une question pharisianique. Il est souvent plus facile de camper que dâincarner.
Je crois profondĂ©ment que ceux qui y sont bloquĂ© sont des hommes et des femmes de bonne volontĂ© Ă la base - comme chacun de nous, Dieu nous ayant fait ainsi - mais qui ont trop Ă©coutĂ© la fadaise qui dit que la Jeunesse est faite pour expĂ©rimenter Ă tout va, « quâon a quâune vie »⊠vous voyez lâidĂ©e jâimagine.
Enfin, il y a ceux qui se risquent.
Ceux qui ont compris que le temps nâest pas extensible, pas achetable, filant comme le sable. Que chaque minute est comptĂ©e comme les cheveux, les grains de la plage et les Ă©toiles du ciel.
Que les annĂ©es ne sont que des marches qui permettent de progresser toujours. De faire mieux aujourdâhui quâhier. Quâil faut agir, se dĂ©penser pour sâĂ©lever. Ils ont en tĂȘte bien des adages mais celui-ci pourrait rĂ©sumer les autresâŠ
« à vaincre sans pĂ©ril, on triomphe sans gloire ! ». On pourrait aussi bien parler de combattre avec lâhonneur dont on ne parle plus aujourdâhui⊠la chevalerie nâest jamais finie comme dirait lâautre.
Mais ceux-là ne sont pas légions. Ils sont les hussards restants de la derniÚre harde. De celle qui veut maintenir un panache de vie.
Quitte Ă souffrir, Ă aller dans le difficile, dâaller puiser un oxygĂšne qui ne respire plus au milieu de nos villes oĂč la verticalitĂ© Ă©touffe le ciel et ses promesses.
Ce sont aussi les plus silencieux. Ils ne commentent pas comme les vaches, ils ne critiquent pas comme les chiens. Ils avancent Ă leur mesure. Se mettant dans le creux de Dieu. Ils observent et parlent pour dire ce quâil faut. Ils ont des conseils pour ceux qui demandent mais nâen sont pas Ă Ă©taler leur confiture de vie sur le dos des autres.
Ceux-lĂ veulent vivre. Avec ce que ça implique. Ce que ça coĂ»te parfois. Mais ce nâest pas le modĂšle le plus rĂ©pandu dans notre monde. Ils vont Ă rebours de la marche de sociĂ©tĂ©. Par IdĂ©al. Par ces Ă©toiles qui scintillent dans leurs tripes.
Non par obscurantisme mais bien par sagesse. Si ce nâest la leur, ils ont lâintelligence de lire, de prier pour avoir des rĂ©ponses. Il y a de lâhumilitĂ© ici. MĂȘme si câest une valeur qui tombe en dĂ©suĂ©tude. Faire silence permet souvent dâavancer, mais le brouhaha du monde rend difficile cette maniĂšre de vivre, cet appĂ©tit au calme que lâon trouve dehors au sommet des montagnes et au fond des talwegs des chemins noirs.
Mais le silence et le recul sont trop dĂ©testĂ© par le Malin⊠et il aura tout fait pour dĂ©tourner lâHomme de ces choses irritantes pour lui. Satan a dâailleurs bien bossĂ© : il a su insuffler Ă lâHomme dâĂ©tendre son corps avec ce nouvel organe Ă Ă©cran tactile. Il sây connaĂźt, et sait bien que la dopamine immĂ©diate est le point dâentrĂ©e dans la faille de lâHomme.
Cette vision de la vie, des choses et de comment on emploie lâĂ©nergie de notre temps, nâinclue aucunement lâimmĂ©diatetĂ© des choses et de leurs acquis. Non ceux-lĂ ont conscience que les choses prennent du temps⊠particuliĂšrement quand il sâagit des combats spirituels et de la discipline a laquelle on soumet sa vie. Y arriver est si beau, se relever Ă©galement, mettre sa confiance en Dieu encore plus !
MalgrĂ© tout, la sociĂ©tĂ© ayant changĂ©e, ces derniers ne sont plus que les anciens habitant de ces pays perdus. LĂ oĂč lâĂ©ternitĂ© Ă©tait un objectif structurant pour articuler les actions dâune vie.
II. La société a donc changé de fil pour la trame de fond de son tissus social.
Le nouveau tissus qui la compose nâa pas la mĂȘme trame quâavant. Les brins sont diffĂ©rents. Dâune nouvelle race. Dâun nouveau genre.
Il y aurait sĂ»rement 1000 raisons qui viendraient expliquer leur petit pourcentage, 1000 personnes qui y ont dĂ©jĂ pensĂ©. Je crois cependant que le plus important est de dâĂȘtre capable de poser le constat. De lâintellectualiser. Penser dâabord pour ensuite agir.
Le seul problĂšme ici : câest jouer au poĂšte.
De trop rĂ©flĂ©chir aux causes, sans mettre lâaction en branle. Ou de trop tarder, dâavoir une forme de passivitĂ© en somme. Câest tout le piĂšge Ă con des nouvels ans. De ces rĂ©solutions qui ne sont que le fruit des mirages annuels. Beaucoup dâaptĂšres y voient Ă chaque fois un horizon rassurant.
Parce que ce que la sociĂ©tĂ© a perdue câest la transcendance. DâĂȘtre capable de proposer quelque chose de subjuguant. Il nâest pas question dâun projet, ni de le gueuler Ă sâen tordre les cordes vocales comme lâautre Ă©nergumĂšne qui nous sert de prĂ©sident. Non, il nâest pas question ici de projet mais de plan et dâobjectifs concrets.
Cependant rien de facilitant aujourdâhui⊠mais encore faut-il le comprendre. Et ainsi passer ces obstacles sournois, pour agir en fonction.
La société fait tout pour infantiliser les gens⊠et les individualiser.
Câest une question dâenvironnement, des bords du bocal.
Par les modes de consommation dâabord.
Par la possibilitĂ© de lâimmĂ©diatetĂ©, de commander Ă manger Ă nâimporte quelle heure - de la merde soit dite en passant : tant sur le prix que sur la qualitĂ© - livrĂ©e par les nouveaux esclaves du systĂšme. Ils pĂ©dalent pour notre bon plaisir, pour avoir lâimpression de pouvoir tout manger, nâimporte oĂč, nâimporte quand.
Par la maniĂšre dâoccuper notre temps libre ensuite.
Par la place des réseaux sociaux et les heures interminables de « scrollage ».
Par la fainĂ©antise, la paresse, les efforts qui ne semblent plus nĂ©cessaires. Parce que tout est facilitĂ©. Il y a toujours un moyen dâĂ©viter de faire. Il y a mĂȘme des gens aux USA qui payent dâautres pour faire la queue Ă leur place. Histoire de perdre leur temps autre part⊠parce que disons le : si tu es capable de payer pour ça, ce nâest pas dit que ce gain de temps soit mieux utiliser.
La culture demande lâeffort du temps aussi.
Dâailleurs, on ne lit plus - et moi le premier, mĂȘme si jây travaille fortement -, le plaisir de la discussion Ă disparue et celui de refaire le monde nâa plus le vent en poupe. Les gens ne rĂ©flĂ©chissent plus car ils sont saturĂ©s. On les abreuve. On leur donne la becquĂ©e. Les gens ne sont plus que dans le dĂ©bat et plus la discussion.
On pourrait parler de lâimpact politique Ă©galement.
Par notre systĂšme politique, le citoyen nâa une voix utile que lorsquâil faut mettre le bulletin dans lâurne. Pour le reste, Bruxelles se torche allĂšgrement. De toute façon, la France nâest plus souveraine⊠et quand les français disent « non ! » comme en 2005⊠on leur dit « bah si quand mĂȘme ». Dâailleurs, il nây a pas si longtemps le mĂȘme cirque a rejouĂ© sa marche funĂšbre.
Tout le nouveau systĂšme, qui a grossit depuis tant dâannĂ©es, exige que nous soyons comme ci et comme ça. Il exige mais ne respecte pas ce quâest lâHomme est fond.
Lisse.
Politiquement correct.
Sans trop de caractĂšre.
Consumériste.
Mou comme un bon mouton.
Dâarrondir le dos encore et toujours.
Dâaccepter en fermant sa gueule.
Et mĂȘme aujourdâhui, de se dĂ©construire. De dĂ©boulonner notre histoire.
De faire place au communautarisme de chacun car le sens commun nâest plus. Câest lâindividualitĂ© qui prime.
Sinon on nous tape sur les doigts. Comme par exemple avec la Cour EuropĂ©enne des Droits de lâHomme. Combien de fois cette institution a dĂ©passĂ© la souverainetĂ© de notre pauvre France ?
Je crois que câest juste la crĂ©ature qui a dĂ©passĂ© le monstre des LumiĂšres⊠jâimagine combien un Voltaire doit - depuis son enfer - rigoler Ă verge dĂ©ployĂ©e.
Chacun sa communauté en somme, les 3 niveaux de population ne comptent plus.
Câest je crois la consĂ©quence de ce dĂ©litement. Chacun a ses petites prĂ©occupations, mais plus grand chose pour le bien commun. Pour la sociĂ©tĂ© dans son ensemble. Une Nation qui se respecte compte sur 3 niveaux de population : les prĂ©cĂ©dents, les actuels et les suivants.
Et câest un cycle Ă©ternel. Qui ne peut perdurer que si chacun en est conscient.
Nous hĂ©ritons de ce que les anciens, nos morts nous transmettent. De ce pour quoi ils se sont battus. MĂȘme ce pour quoi, ils ont sacrifiĂ©s leur vie.
Ă nous de respecter cela et de le transmettre Ă notre tour. Ă nous de montrer, dâĂ©duquer nos enfants et les suivants, pour quâils se rendent compte. Ă quâĂ leur tour, ils agissent comme nous avons agis.
Mais ce nâest pas le sens de la marche actuelle.
Certains ne veulent pas dĂ©poser les armes. Et câest heureux.
Certains veulent conserver.
Et câest tant mieux.
Sauf que ce que nous avons hĂ©ritĂ©s nâest pas fait pour les vitrines poussiĂ©reuses. Il y a lĂ -dedans quelque chose dâenivrant, de transcendant. Un quelque chose qui Ă©lĂšve lâĂąme.
Le « moi-je, moi-je » devient la rÚgle.
La tempĂȘte qui veut Ă©branler cela câest justement lâindividualisme galopant. Son sous-texte est terrifiant : le « moi-je, moi-je » qui nâa que le « droit de » coulant de la commissure de ses lĂšvres froides.
Lâindividu peut aujourdâhui fonctionner seul, il nây a plus vraiment besoin des autres. Alors pourquoi le bloc sociĂ©tal devrait compter ? Plus de devoir donc⊠on ne doit plus rien. Trop de droit en consĂ©quence. Comme un dĂ». Mais les premiers ne donnent-ils pas la saveur aux suivants ? Ou mĂȘme toute leur valeur ?
Ă trop penser en fonction de soi, on en vient Ă se poser des questions qui remettent en cause ce qui relĂšve de la logique naturelle et du bon sens.
En Ă©crivant cela, je pense aux dĂ©rives wokistes, Ă ces envies de jouer Ă Dieu pour se dĂ©finir comme on en a envie. Ă ĂȘtre trop confort, on explore des Ă©vidences qui nâexistent pas dans les endroits oĂč il nây a pas le temps pour cela. En Afrique par exemple, on ne se pose pas la question de savoir de quel genre on se sent aujourdâhui. Non, arriver Ă se poser ces questions, ce ne sont que les signes dâun systĂšme qui dorlote trop prĂšs du mur et de ses limites. On dit souvent que les temps faciles crĂ©ent des hommes faibles⊠le wokistan est une synthĂšse Ă lui tout seul de cette aberration intellectuelle.
RĂ©flĂ©chir et philosopher sont des choses importantes, je ne dis pas. Câest ce qui structure la pensĂ©e. Mais il y a un moment oĂč la masturbation intellectuelle arrive. Et il faut savoir rester dans le rĂ©el.
III. Tout est histoire de âŠ
« (âŠ) Ce monde vĂ©tuste et sans joie,
Tremblera demain devant notre foi. (âŠ). »
Chant des Lansquenets.
Tout est histoire de concret, du pays rĂ©el et de sâinscrire dans la sagesse de nos anciens. En somme de sâernraciner quelque part : pour savoir oĂč lâon va, il y a besoin de savoir dâoĂč lâon part.
Sâaffranchir de tout. Faire table rase parce quâon se pense capable de refondre le monde est la maladie de lâhomme qui se prend pour Dieu. Comme la grenouille et le bĆuf de la fable. Tout finit par Ă©clater : la vĂ©ritĂ© indĂ©racinable, tout comme la religion de la raison. Dâailleurs, cela sâobserve en France : la branche sciĂ©e depuis 1789, commence Ă montrer des signes de faiblesses certaines. La rĂ©publique a voulu une sociĂ©tĂ© sans Dieu, changeant la chaĂźne de sa tronçonneuse en 1905⊠dâautres, viennent demander des comptes, voulant prendre une place qui reste de fait vacante. Et la logique qui articule cela sâĂ©tend parfaitement. La rĂ©publique ne propose rien de transcendant. Et lâHomme en a intrinsĂšquement besoin.
Je crois vraiment que la laĂŻcitĂ© nâest que la transition dâun chĂąteau lâautre. Ce systĂšme est bancal. Si la France ne rĂ©veille pas ses racines - et sa conscience - alors cela arrivera. La Nature ayant horreur du vide, la balance penchera.
InĂ©luctablement, la sociĂ©tĂ© dâagrĂšge autour dâune religion⊠pour ma part, je prie chaque jour que la fille aĂźnĂ©e de lâEglise ne troque pas le royaume de Dieu sur terre pour celui du drapeau annoncĂ© dans la chanson dâIn Memoriam.
La Route, un bon moyen de revenir au monde.
De se rendre compte. De revenir au centre de sa conscience.
Le temps et son utilisation.
Les enjeux directement liés à la marche.
Lâobligation de faire appel aux autres.
Les rĂ©flexions qui sâancrent dans le concret, dans les rencontres, dans la fatigue, le dĂ©sespoir parfois, dans la Nature⊠dans ce que Dieu a Ă offrir.
La Route permet - dans ses joies et ses Ă©preuves - de revenir au temps vrai et aux bases du monde. Les fioritures nây ont pas leur place. Le temps reprend la sienne et toute la suave valeur qui en dĂ©coule avec.
Elle tient dans ces cas-lĂ du rayon de miel⊠jâespĂšre que lâimage percutera les aspirations profondes des lecteurs qui baladeront leurs yeux par ici.
Le temps donc. Son rapport Ă celui-ci. Et les leçons quâon en tire. La Route donne accĂšs Ă cette treille pleine de sagesse inaltĂ©rable.
« (âŠ) Câest comme si le temps changeait sur la route. Au final, il y coule diffĂ©remment, plus doucement. Tout se gĂšre Ă la minute, Ă lâheure, au jour. Des choses arrivent et repartent aussi vite quâelles sont arrivĂ©es⊠je pense par exemple aux douleurs que lâon peut ressentir lorsque lâon dĂ©roule sa foulĂ©e. Au bivouac du soir aussi, surtout quand il fait un froid Ă dĂ©plumer les canards.
On est dedans, complĂštement. Les pas de fourmis qui diffĂ©rencient le marcheur - et le pĂšlerin par extension - Ă©tirent le temps des autres. Celui de la vitesse des moteurs, des obligations professionnelles, de nos vies qui aujourdâhui comptent le temps quâil leur reste. On en vient Ă se poser la question philosophique de savoir « si prendre son temps, est-ce que câest le perdre ?! »
Hors du tourbillon des sociĂ©tĂ©s donc, tout est plus lent. Il nây a rien dâimmĂ©diat, rien dâacquis, rien auquel on a droit. Il faut agir, faire, remplir ses devoirs pour espĂ©rer y avoir accĂšs. Un peu comme un abandon de ces privilĂšges qui nous paraissent de nos jours tellement acquis, quâon se voit mal faire sans. (âŠ) »
En somme : se dĂ©centrer de ses envies permet Ă Dieu de revenir au centre. Et ce, par lâabandon quâon lui offre. Câest par Lui et sa paume providentielle que lâon se reconnecte aux autres. Que lâon peut de nouveau relier les oreilles au cĆur pour sâinscrire dans un ensemble qui nous dĂ©passe. OĂč la CharitĂ© Fraternelle prend tout son sens.
Aujourdâhui on encourage les gens Ă ĂȘtre sympa. Mais ce nâest pas la meilleur maniĂšre dâaider les autres a sâĂ©lever. Car ĂȘtre « sympa », ĂȘtre gentil nâest pas toujours synonyme de recherche de vĂ©ritĂ©. Non câest plus un truc de tapis et de poussiĂšre que lâon pousse en-dessous.
Ce nâest pas pour rien que la coquille de Saint Jacques est un symbole de pĂšlerinage.
Ses rainures reprĂ©sentaient dans lâancien temps le symbole de lâinitiation. Comme lâescargot dâailleurs.

Je crois que la route permet de revenir Ă la substantifique moelle de lâimportant. De lâessentiel, câest cela qui rend intrinsĂšquement heureux. Parce quâon y touche un dĂ©but dâĂ©ternitĂ©. Notre rapport Ă Dieu y est dĂ©cuplĂ©. Le silence de la route permet dâentendre ses murmures tout contre lâaorte ⊠et câest dâautant plus prĂ©cieux aujourdâhui.
La Route est lâĂ©cole qui enseigne que Dieu nous aime et quâIl prend soin de nous autre. MĂȘme si nous avons tendance Ă compter les points⊠et Ă ne voir que les traces dans le sable. Celles qui nous arrangent bien au fond du fond.
Conclusion : prendre le temps pour ĂȘtre en vĂ©ritĂ©.
Si je devais prĂ©coniser un remĂšde aux existences qui se cherchent et qui tournent en rond dans leur malheur, ce serait dâaller marcher 3 semaines. Seul.
Pour les autres aussi dâailleurs : je crois que câest quelque chose que lâon devrait faire 3 fois dans sa vie.
Ă lâaube de devenir adulte et de rentrer dans la vie active. Comme un rite dâinitiation.
Ă ses 40 ans. Pour prendre le temps dâun bilan dans le silence du temps.
Au moment de la retraite. Pour envisager la suite loin des pressions pour trouver comment occuper le nouveau temps qui sâoffre Ă ceux-lĂ .
Je crois au fond que Dieu a créé le monde pour cela. Pour aller lui consacrer du temps. Il a su créer quelque chose qui permet de se reconnecter à Lui plus facilement. Pour voir Son empreinte.
Et milieu de tout ça, dans la Nature quâil a su nous offrir, il a donnĂ© lâintelligence Ă lâHomme pour construire des Ă©glises, des cathĂ©drales. Ainsi que des villages, des quartiers, des ponts⊠les premiers sont un moyen direct pour ĂȘtre en sa prĂ©sence, tandis que les seconds sont une connexion indirecte Ă travers la CharitĂ© des cĆurs.
En tout cas, Dieu nous a donnĂ© du temps. Un temps limitĂ© câest vrai. Mais Il nous indique que lâon peut lâutiliser pour vivre vrai.
à nous de bien en prendre conscience comme dans le « Memento Mori ».

Que nous sommes en train de mourir, alors quâest-ce que nous faisons de ce temps-lĂ ? Câest la grande question⊠à nous de chercher les rĂ©ponses de Dieu et le souffle de lâEsprit Saint pour savoir oĂč axer ses choix. Car il est une chose dont nous disposons en libertĂ© : câest notre libre arbitre. Mais nous aurons des comptes Ă rendre Ă la fin⊠lâexistence - nâen dĂ©plaise Ă ceux qui la gaspillent - sera toujours infiniment plus courte que lâĂ©ternitĂ©.
à nous de voir - chacun en conscience - comment on veut cramer ce capital de départ.








Belle réflexion.