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  • jeansonalexis

Semaine 19 : Szombathely (2350 kilomètres).

Ça y est. J’y suis… Szombathely ! La ville de naissance de Saint Martin.


Après l’avoir imaginé, en avoir raconté aux autres, de leur avoir dit que je me rendais à Jérusalem via la ville de saint Martin, j’y suis enfin. C’est fou quand même !

De manière absolue : c’est énorme. Mais en relativisant, jour après jour : ça l’est beaucoup moins. Selon le site « science.lu », nous effectuons en moyenne 7.500 pas par jour. Un pas faisant 0,8 mètre en moyenne, nous parcourons 6 km par jour. Au bout d'une vie de 80 ans, nous marchons environ 170 000 kilomètres (1). C’est donc assez peu au final. Il y a juste le phénomène de concentration qui impressionne. Au final, j’ai fait en 135 jours - jours de pause compris - ce qu’on fait en 392 selon cette étude. Soit quasiment 3 fois la moyenne générale. Bon, c’est pas mal mais rien de sorcier. Juste le jour après jour. Ce fameux fil qui lit tous ces quotidiens qui m’occupent depuis mon départ.


Je suis donc à la première étape de mon pèlerinage. Les suivantes étant : le mont Athos en Grèce, l’île de Chypre puis Israël.


Et ça fait quelque chose sans me faire bouger l’autre. Au delà du clin d’œil au défunt Chirac, je veux dire par là que c’est un truc d’arriver à Szombathely mais pas quelque chose. Ce n’est pas un non-événement non plus. Ça représente une chose que j’ai gagné à la sueur du front et aux 1 012 500 pas qui se sont enchaînés pendant ces 4 mois et demi (2).

En fait c’est comme Compostelle. Lorsque j’y suis arrivé en 2022, au terme de 14 ans d’attente pour terminer mon chemin, je n’ai pas été subjugué par la destination. Le corps savait que j’y étais mais intérieurement je n’ai pas eu d’implosion, ni d’effusion extérieure. Pas de larmes, pas de bonds jouissifs… juste le sourire au coin en me disant : « c’est fait, ça y est ! », « j’y suis, bravo ! » Pour Szombathely, c’est ça qui m’a animé. Une fois le panneau de la ville passée, j’ai fait quelques pas d’une gigue.


Pour finir, j’ai pu rencontrer le maire de la ville. Le deputy comme ils le disent. Nous avons échangé un petit quart d’heure. Son assistance traduisait notre discussion par langue interposée : lui en hongrois, moi en anglais. Il m’expliquait notamment que j’étais le 10e pèlerin à avoir joint d’une traite Tours à Szombathely. Le 10e en 20 ans. Bien entendu bon nombre de pèlerins ne se sont sûrement pas déclarés. Mais ça reste fou ! Bien loin de l’effervescence des hordes pèlerines de Compostelle, le chemin de saint Martin reste une route qui jouit encore de son anonymat. Mais qui sait ? Peut être que le livre qui en découlera sera le déclencheur pour ceux qui veulent se lancer sur un nouveau chemin de pèlerinage ?  Peut être bien que ma plume sera cette étincelle qui manque à la poudre de ces quelques âmes assoiffées des ornières poussiéreuses que Martin a foulé pour aller baptiser sa mère depuis la France ?

Qui sait ? Affaire à suivre donc !

….

(1)


(2)

7500*135 = 1012500

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