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  • jeansonalexis

1ère semaine : Noizay - Fontgombault (162 km)

Alors me voici enfin sur la route. Celle tant désirée, celle tant attendue. Au delà des grandes paroles et des discours rodés, il faut enclencher les actes et assumer.


Avant j'étais dans la phase facile et confortable. Celle du gars qui parle de son grand projet et qui sait allumer des étoiles dans les yeux de ceux d'en face.


Maintenant c'est le dur de la route qui me prend au mot. L'hiver qui faisait partie des critères de départ m'enveloppe dans sa froidure... et encore, il n'est pas au max. Petite semaine à moins 5 degrés la nuit quand même ;)


Les choses se mettent en place, le sac prend sa place avec son poids, les jambes se rendent compte qu'il y a un cahier des charges kilométriques pour chaque jour ... c'est bon, je suis partis !


La différence d'avec Compostelle se fait déjà sentir : tout le confort qu'on y trouve est absent sur le chemin de saint Martin. Les logements n'attendent pas mon sac. Non, il me faut trouver chaque soir un logement. Tenter en rebelote avec un discours qui commencent a se roder lui aussi. Comme si l'hiver jouait son rôle, les gens souvent sont durs face à ces demandes d'être hébergé. Mais c'est peut être là que réside la beauté de la générosité des cœurs... car ceux qui me prêtent l'oreille, ont l'effet de la douceur d'un mouchoir. Leur oui, semble effacer le reste.

Ainsi je passe deux nuits dehors malgré mes recherches sur place. Deux nuits rudes qui me permettent d'enquiller tôt les kilomètres du lendemain.


Dieu pourvoit toujours mais ce n'est pas simple d'accepter de lâcher prise. Mais je tiens bon et j'apprend : demander, recevoir, accepter et ne pas maugréer contre ceux qui ne veulent pas. Après tout rien ne les oblige.


Tout se transforme chez moi car la route a des enjeux que la sédentarité n'a pas. Ce lâcher prise en fait partie... les brumes des horizons de Jérusalem ne sont par moment que des mirages dont il faut me départir... j'ai mon grand projet, les gens ont leur vie.

À moi de trouver le point de jonction.

À moi de savoir frapper aux bonnes portes.


À moi d'accepter qu'être sur la route du plus grand pèlerinage de la Chrétienté est une épreuve dont il me faut tirer les bons fils !


A Dieu vat !


E Ultreïa !

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